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...à MONCONTOUR (Vienne)

Les premiers lavoirs y apparaissent sur le cadastre napoléonien en 1827. Si l'on y voit quelques maisons bourgeoises disposer d'un abri à laver et d'une buanderie, on y remarque aussi deux lavoirs communaux.

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A partir du milieu du XIXe siècle la population s'enrichit grâce au développement du commerce du chanvre et des produits maraîchers sous l'impulsion des grands comices de Loudun (un comice était une association de notables dont le but était de faire prospérer l'agriculture et le commerce en général). Chaque maison possède alors son propre lavoir couvert.

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En 1851 l'Etat encourage la construction de cinq lavoirs communaux pour les familles ne disposant pas de terrain riverain de fossé.

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Les lavoirs de Moncontour ont une originalité : ils disposent de planchers mobiles, constitués de planches maintenues au-dessus de l'eau grâce à des chaînes.

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Le niveau de l'eau changeant en fonction des crues et des sécheresses, mais aussi selon le fonctionnement des moulins installés sur le réseau principal des canaux (nous sommes dans une zone de marais) il fallait que les lavandières puissent adapter la hauteur du plancher à celle de l'eau. Un treuil était situé à chaque extrémité du plancher qu'il leur suffisait d'actionner.

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L'arrivée des machines à laver marquera le début du déclin des lavoirs, et en 50 ans ce seront pratiquement les deux tiers de ces lavoirs qui disparaîtront à Moncontour...

Hilaire Bouzon (mai 1909 - 2004),
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istorien local et poète, nous parle bien joliment de ces lavoirs délabrés, abandonnés :

Au lavoir...

Souvent près du ruisseau je m'arrête le soir
Et je médite là... Quelle loi de la nature
A donc voulu garder sous cette humble toiture
Ces débris, ces lichens... ce qui fut un lavoir ?

A ce lavoir, O combien, venaient, matin et soir,
De femmes, douces fées qui sublimant leurs gestes,
Redonnaient les couleurs aux draps, jupes et vestes
Sur la magique planche offerte à leur battoir...!

Ces actes en ce lieu s'imprégnaient d'une Foi
Parente à celle dont nous imprègne l'Eglise
La tradition du mieux qu'elle nous préconise
Le blanc de la vertu, la pureté de soi.

Ce lavoir laisse en moi l'écho de son langage
L'onde aux ruissellements, aux chansons, aux refrains
Et pan ! Et pan ! Battoirs qui rythmaient les entrains
Ce lavoir surnommé "chapelle aux babillages".

Pan ! Pan ! Bouche à oreille, on fusait les nouvelles
Plus de plaisanteries que du mal du prochain
On vantait les âges ou bien les chérubins
Ainsi l'eau reflétait le journal du village.

Oui... Ce lavoir connut une ère magnifique
Il fut l'Autel de tous... la nature a raison
De nous le révéler, même par ses haillons
Il nous émeut autant qu'une ruine gothique.

H.B.

Cheminant le long du chenal à la recherche de ces lavoirs, on se trouve subitement face à ce qu'il reste d'un ancien moulin à eau.

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Celui-ci est mentionné sous le nom de "Le Petit Moulin" sur un dessin datant de 1685 et sur un plan des Ponts et Chaussées du XIXe siècle. Ne possédant à l'origine qu'une roue unique, il fut agrandi par la suite, ses bâtiments enjambant le cours d'eau.

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Le même, de l'autre côté... avec son lavoir !

J'espère que cette ballade effectuée le week-end dernier vous aura plu. Si d'aventure vous passez par MONCONTOUR, prenez le temps de suivre ce sentier des lavoirs qui vous fera découvrir bien d'autres choses fort intéressantes. Les nombreux circuits pédestres proposés sont dotés de panneaux enrichis de données historiques et culturelles fort bien faits dont je me suis inspirée pour rédiger cet article.

Au fait, pourquoi ce nom de MONCONTOUR ?

en latin « Mons cum Turris » (mont avec tour)

et la tour, la voici !

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vue depuis le sentier des lavoirs

et encore :

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vue depuis une rue du bourg.

Un peu d'infos sur ce lieu riche en Histoire ? c'est là.

à bientôt et bon week-end à tous !